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Les pistes de l’Institut Montaigne pour “faire de la France un leader du numérique en santé” 30 juin 2016

 L’automatisation des processus, la communication, le partage et l’analyse des données constituent, selon l’Institut Montaigne, les principaux axes de transformation à opérer pour “faire de la France un leader du numérique en santé”, a détaillé le think tank dans un rapport publié au mois de juin.

Intitulé “Réanimer le système de santé – Propositions pour 2017”, le rapport du think tank libéral formule une série de recommandations réparties dans “cinq axes de réforme afin de faire de notre système de santé le meilleur du monde”. Parmi ces axes, l’Institut Montaigne détaille les mesures à prendre afin de “donner une plus grande place à l’innovation en santé”, estimant que “la santé peine encore à pleinement embrasser l’ensemble des bénéfices possibles du numérique”. Il identifie trois leviers de transformation numérique à considérer en la matière, avec en tête “l’automatisation des processus, à l’hôpital comme en ville”, en ce qui concerne la prise de rendez-vous, la gestion du dossier patient, de la chaîne d’approvisionnement, des équipements lourds ou des blocs opératoires et prescriptions électroniques. Cette automatisation doit aussi intervenir selon l’institut “dans la liquidation des dossiers de remboursement ou la gestion des droits par les assureurs maladie”, ou encore “dans le développement des produits de santé (par exemple pour la collecte des données et le suivi des essais cliniques)”. Le rapport cite ensuite “l’amélioration des prises en charge et des parcours patients grâce à une fluidification des échanges de données et d’informations” comme deuxième levier de cette transformation numérique. Il rappelle l’intérêt du recours aux téléconsultations et au télésuivi des patients afin de prévenir la dégradation de leur état de santé. “L’utilisation de la donnée et les approches analytiques” constituent le dernier levier de transformation souligné à maintes reprises dans le rapport de l’Institut Montaigne. OUVRIR ET UTILISER LES DONNÉES Du côté des professionnels de santé, le recours à l’analyse de données doit permettre de s’appuyer davantage sur “des outils d’aide à la décision permettant de comparer les données de leurs patients à des jeux de données massifs” et “à prendre en compte pleinement les connaissances scientifiques disponibles”. Il appelle à faire davantage appel au big data afin de “faire évoluer l’approche sanitaire vers une médecine prédictive et épidémiologique”. Côté patients, l’Institut Montaigne incite les pouvoirs publics à favoriser l’émergence de plateformes et d’applications mobiles leur permettant de “guider leurs choix de vie, le suivi et l’observance de leur traitement”. Au-delà du traitement des pathologies, le think tank note que “le grand public ne dispose pas d’une information claire et transparente pour s’orienter” au sein du système de soins, notamment du fait d’un “retard dans l’ouverture des données de santé”. L’Institut Montaigne souligne enfin les apports des approches analytiques dans le développement et l’évaluation des produits de santé et cite deux enjeux concrets: “prédire les patients les plus susceptibles de répondre à un traitement donné” et “l’utilisation de données médico-économiques pour évaluer les traitements en vie réelle”. Cette transformation numérique pourrait selon le think tank fournir des réponses à “la situation financière insoutenable” du secteur de la santé. Le rapport met en avant une étude réalisée en 2014 par le NHS (National Health Service, système de santé publique du Royaume-Uni) qui évaluait des gains d’efficacité de l’ordre de 6% à 10% des coûts grâce à une meilleure exploitation des outils numériques, soit une économie annuelle comprise entre 15 milliards et 25 milliards d’euros. Source