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My hospi friends ouvre aux patients un autre horizon que celui du seul soin 16 août 2016

Pour rendre le temps moins long, le réseau social My hospi friends propose aux patients hospitalisés de se retrouver autour de groupes affinitaires. Il permet aussi aux établissements de santé de communiquer avec eux différemment qu’avec les soins. Un projet que l’hôpital d’instruction des armées de Percy à pris à bras le corps.
Être hospitalisé peut paraître long et créer un sentiment d’isolement et de solitude chez les patients, surtout dans les cas d’hospitalisation de longue durée. Ce vécu, Julien Artu l’a transformé en un outil qui commence aujourd’hui à s’implanter dans les établissements de santé. Hospitalisé de longs mois en 2011 à la suite d’un accident de voiture, il va imaginer et concevoir depuis son lit d’hôpital un réseau social à destination des patients. My hospi friends naît en septembre 2013. “L’idée, explique-t-il à Hospimedia, était de trouver d’autres patients avec les mêmes centres d’intérêt que les miens et d’engager des conversations et d’échanger des informations“. En avril 2014, l’Hôpital Foch à Suresnes (Hauts-de-Seine) est le premier à proposer ce service à ses patients. Aujourd’hui, ils sont une quarantaine. Au départ ce n’était pas simple de vendre un réseau social à un hôpital, témoigne Julien Artu. “En 2013, nous étions encore sur de la nouveauté. Les réseaux comme Twitter ou Facebook commençaient à prendre leur essor. Six mois de discussion et de travail ont été nécessaires pour engager le premier établissement de santé. Finalement, l’Hôpital Foch s’est montré avant-gardiste sur la question de la relation patients“, ajoute-t-il. L’ARS Corse a aussi été pionnière. Le directeur général, Jean-Jacques Coiplet, s’est montré intéressé par My hospi friends. Il a été décidé de le mettre en place dans l’ensemble des hôpitaux et des cliniques de Corse. “Cela fait sens, estime Julien Artu, car il y a aussi derrière l’idée du parcours de soins“. Une part du budget “culture et santé” de l’agence a servi à financer ce projet. En général, précise Julien Artu, un établissement débourse entre 3 000 euros (€) et 10 000 € par an pour accéder à My hospi friends, en fonction du nombre de lits.

Autour de centres d’intérêt communs

My hospi friends se présente comme un réseau social affinitaire “créé exclusivement pour les patients hospitalisés“. En effet, ils s’enregistrent sur le réseau sous un pseudonyme en fonction de l’établissement dans lequel ils se trouvent. Ils doivent ensuite renseigner leur sexe, leur âge et, de manière facultative, s’ils peuvent sortir de leur lit ou non. Une sélection de “passions” est proposée qu’ils doivent choisir en fonction de leurs centres d’intérêt (art et exposition, bricolage, beauté, gastronomie, mode, sport…). Les patients doivent également spécifier s’ils sont hospitalisés, en cours de suivi ou un ancien patient. Ensuite, ils pourront interagir avec les autres patients du même établissement ou ayant les mêmes passions. Sur les vingt-neuf groupes affinitaires existants, les plus importants sont ceux dédiés au jardinage, au bricolage et à la beauté. My hospi friends propose également une plateforme de e-services avec des modules différents (Deezer, une conciergerie ou encore des vidéos à la demande qui devraient bientôt être proposées). En tout, le réseau compte moins de 10 000 utilisateurs et plus de 5 000 photos échangées. Julien Artu explique qu’il permet de créer des lieux de vie dans les hôpitaux qui ne soient pas liés aux soins. L’Euro de football 2016, par exemple, a été un grand moment d’échanges entre les patients.

S’éloigner du soin et communiquer

Récemment, le Service de santé des armées (SSA), sous l’impulsion du médecin chef Didier Mennecier, directeur du Centre de traitement de l’information médicale des armées (Cetima), a décidé lui aussi de proposer ce service à ses patients. Il sera déployé via une plateforme unique pour les huit hôpitaux d’instruction des armées (HIA)* dès la rentrée. Pour le moment, seuls les HIA de Bégin et de Percy en sont équipés. Le sergent chef Florian Meizaud, responsable communication de Percy, explique avoir pris ce projet “à bras le corps pour dynamiser les hospitalisations qui peuvent être longues“. Mais l’établissement l’utilise également comme un véritable outil de communication interne à destination de ses patients. Les événements, les activités, les services proposés ou toute autre information y sont relayés. “Cela permet de créer un lien supplémentaire avec les patients hors du cadre de soins et humanise l’hôpital“, explique Florian Meizaud. Ainsi, l’initiative de street-art y est partagée tout comme l’a été l’exposition de photos d’un patient. Les patients peuvent s’exprimer de manière différente et, d’après les médecins, l’initiative contribue à une meilleure acceptation du traitement ou de l’accident, ajoute-t-il. Le fondateur du réseau rappelle que les établissements qui y ont une page peuvent avoir accès à la modération mais qu’ils peuvent surtout la personnaliser avec leur propre charte graphique. Face aux premiers résultats positifs et dans la lignée de la philosophie de départ du réseau, Julien Artu a décidé d’ouvrir à la rentrée My hospi friends à tous les patients hospitalisés gratuitement et sans qu’il y ait besoin que l’établissement y soit aussi, “afin de gagner en communauté et en image“.

Source : Hospimedia, le 8 Août 2016